Pourquoi l’ergonomie d’un logiciel dépend avant tout de son architecture de données

 

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Pendant longtemps, le marché des logiciels Smart Building, IWMS, GMAO, GTB, SCADA, MES ou encore des jumeaux numériques s’est concentré sur les fonctionnalités.

Les éditeurs rivalisaient d’arguments pour démontrer leur capacité à connecter davantage d’équipements, intégrer davantage de logiciels ou afficher davantage de tableaux de bord.

Cette approche a permis d’importantes avancées technologiques. Pourtant, elle a également créé un paradoxe : de nombreuses plateformes sont devenues extrêmement puissantes mais parfois difficiles à utiliser au quotidien.

Or un logiciel, aussi riche fonctionnellement soit-il, ne crée de valeur que lorsqu’il est réellement adopté par ses utilisateurs.

Chez SpinalCom, cette réalité nous a conduits à une conclusion simple : l’ergonomie n’est pas uniquement une question d’interface graphique. Elle est avant tout la conséquence directe de l’architecture de données qui se cache derrière l’écran.

Pourquoi les logiciels deviennent-ils complexes ?

La plupart des organisations exploitent aujourd’hui une multitude de systèmes.

Dans l’immobilier de bureaux comme dans les environnements industriels, les organisations s’appuient généralement sur de multiples systèmes et sources d’informations spécialisés.

Chaque silo répond à un besoin spécifique et s’appuie généralement sur son propre modèle de données, conçu indépendamment des autres applications de l’organisation.

Cette hétérogénéité complique le partage d’informations et la construction d’une vision cohérente à l’échelle du patrimoine ou du site exploité.

Pour fournir une vision globale, les logiciels doivent alors multiplier les connecteurs, les synchronisations et les échanges de données.

Cette approche fonctionne lorsqu’il s’agit d’afficher quelques informations.

Mais lorsque les utilisateurs doivent naviguer quotidiennement parmi des milliers d’espaces, des dizaines de milliers d’équipements et des millions de données statiques et dynamiques, la complexité réapparaît rapidement.

L’utilisateur se retrouve à naviguer entre plusieurs écrans, plusieurs applications ou plusieurs référentiels.

L’information existe, mais elle reste difficile à exploiter.

Le problème ne vient pas de l’interface utilisateur

Face à cette complexité, la réponse du marché consiste souvent à améliorer l’interface graphique.

  • Les écrans sont modernisés.
  • Les icônes sont retravaillées.
  • Les couleurs sont harmonisées.
  • Les menus sont réorganisés.

Ces améliorations sont nécessaires mais elles ne traitent pas toujours la cause profonde du problème.

Car lorsqu’une plateforme doit rechercher des informations dans plusieurs bases de données, ouvrir plusieurs fichiers BIM ou CAO, interroger plusieurs systèmes tiers puis reconstituer le contexte à la volée, l’expérience utilisateur finit inévitablement par se dégrader.

  • Les temps d’affichage augmentent.
  • Les recherches deviennent plus complexes.
  • Les informations perdent parfois leur cohérence.
  • L’utilisateur doit fournir davantage d’efforts pour accéder à ce dont il a besoin.

Autrement dit, une belle interface ne suffit pas à créer une bonne expérience utilisateur.

L’ergonomie à l’échelle réelle d’exploitation

L’un des pièges les plus fréquents du marché consiste à confondre ergonomie de démonstration et ergonomie d’exploitation.

Il est relativement simple de réaliser une démonstration fluide avec quelques centaines d’équipements, quelques plans et quelques milliers de données.

La réalité d’un siège social, d’un hôpital, d’un aéroport ou d’un site industriel est tout autre.

Les gestionnaires doivent exploiter quotidiennement :

  • des milliers d’espaces ;
  • des dizaines de milliers d’équipements ;
  • des millions de données statiques ;
  • des millions de données temps réel ;
  • plusieurs applications métier.

C’est à cette échelle que la qualité de l’architecture devient déterminante.

Une plateforme réellement ergonomique doit conserver la même fluidité lorsque les volumes de données augmentent fortement.

L’ergonomie ne doit pas être évaluée uniquement lors d’une démonstration. Elle doit être évaluée dans les conditions réelles d’exploitation.

L’approche traditionnelle du marché

Dans la plupart des architectures du marché, les maquettes BIM ou les modèles CAO restent stockés sous forme de fichiers.

Les logiciels ouvrent alors ces fichiers dans des viewers spécialisés puis tentent de relier les objets affichés aux données provenant d’autres systèmes.

Cette approche présente plusieurs limites :

  • multiplication des sources de données ;
  • contextualisation réalisée à la volée ;
  • dépendance aux performances des viewers ;
  • augmentation des temps d’affichage ;
  • risque d’incohérences entre les référentiels ;
  • difficulté à réaliser des analyses croisées entre les données issues de différents systèmes ;
  • limitation de la capacité à produire des indicateurs globaux ou à identifier automatiquement des corrélations entre les dimensions techniques, spatiales, énergétiques ou opérationnelles.

Ces contraintes deviennent particulièrement visibles lorsque les volumes de données augmentent ou lorsque plusieurs bâtiments, infrastructures ou sites industriels doivent être exploités simultanément.

L’approche du Digital Twin Operating System de SpinalCom

Chez SpinalCom, nous avons fait un choix radicalement différent.

Les données descriptives issues des maquettes BIM et des modèles CAO ne sont pas simplement visualisées.

Elles sont transformées et intégrées dans un référentiel de données unifié.

Les données OT, IT et descriptives (BIM ou CAO) convergent alors dans une même base de données.

La contextualisation n’est plus réalisée à la demande par les applications.

Elle est déjà présente dans le référentiel.

Cette différence est fondamentale.

Chaque application SpinalWall accède directement à des données déjà structurées, déjà contextualisées et déjà reliées entre elles.

L’application n’a plus besoin de reconstruire le contexte à chaque affichage.

Elle accède immédiatement à l’information pertinente.

Une ergonomie pensée pour chaque métier

Cette architecture permet également une approche différente de l’expérience utilisateur.

Plutôt que de proposer une interface générique censée répondre à tous les besoins, SpinalCom propose des applications spécialisées pour chaque usage métier :

  • gestion des espaces ;
  • gestion des équipements ;
  • maintenance ;
  • supervision ;
  • énergie ;
  • carbone ;
  • inventaires ;
  • tableaux de bord ;
  • documentation d’exploitation.

Chaque application affiche uniquement les données nécessaires à son objectif.

Le Workplace Manager ne voit pas la même information qu’un mainteneur.

Le responsable énergie ne voit pas la même information qu’un exploitant technique.

Cette spécialisation réduit considérablement la charge cognitive et améliore la productivité des utilisateurs.

Le BIM et la CAO comme interfaces naturelles

Le BIM et la CAO sont souvent perçus comme des outils de conception ou de documentation.

Chez SpinalCom, nous les utilisons tout d’abord pour créer automatiquement le référentiel de description de l’actif sous forme de graphe, et nous les considérons également comme des outils d’expérience utilisateur.

Les utilisateurs comprennent naturellement leur environnement à travers des espaces, des équipements, des installations ou des lignes de production.

Le BIM et la CAO deviennent ainsi des interfaces naturelles permettant de naviguer dans le patrimoine et d’accéder immédiatement aux informations utiles.

L’utilisateur ne recherche plus un identifiant technique.

Il navigue dans son environnement réel.

Cette approche réduit les temps de recherche, accélère la compréhension des situations et facilite la prise de décision.

L’adoption utilisateur : le véritable indicateur de réussite

Dans de nombreux projets numériques, les indicateurs de succès se concentrent sur :

  • le nombre d’équipements connectés ;
  • le volume de données collectées ;
  • le nombre d’intégrations réalisées ;
  • la quantité de tableaux de bord déployés.

Ces indicateurs restent importants.

Mais ils ne suffisent pas.

La véritable réussite d’une plateforme repose sur trois conditions :

  • des données fiables ;
  • des données contextualisées ;
  • une expérience utilisateur capable de rester fluide à grande échelle.

Lorsque ces trois conditions sont réunies, les utilisateurs adoptent naturellement l’outil.

Et c’est précisément cette adoption qui crée la valeur.

Le véritable rôle d’un jumeau numérique

Pendant des années, le marché s’est concentré sur la collecte des données.

Le véritable défi est désormais ailleurs. Il consiste à transformer ces données en actions.

Cela nécessite des données fiables, contextualisées et accessibles instantanément.

C’est précisément la mission d’un Digital Twin Operating System.

Car un jumeau numérique ne crée pas de valeur lorsqu’il accumule des données.

Il crée de la valeur lorsqu’il permet à un utilisateur de prendre la bonne décision en quelques secondes.

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